Un groupe coopérateur engagé dans la recherche sur le lymphome

Les traitements intensifs et les thérapies cellulaires

LES INTENSIFICATIONS THERAPEUTIQUES AVEC AUTOGREFFE DE CELLULES SOUCHES

Il est connu depuis longtemps que les cellules des lymphomes sont sensibles aux chimiothérapies et que plus la dose de chimiothérapie utilisée est importante plus l’effet sur ces cellules est important. Toutefois, en pratique, l’augmentation des doses de chimiothérapie se heurte à une augmentation de la toxicité, en particulier pour les cellules du sang. C’est pour permettre des traitements très intensifs que des intensifications thérapeutiques avec autogreffe de cellules souches ont été mises au point.

Les cellules souches sont les cellules qui donnent naissance à toutes les cellules du sang (globules rouges, globules blancs et plaquettes). Elles se trouvent dans la moelle osseuse (sur tous les os du bassin, le sternum et les cotes chez l’adulte) mais sont capables de circuler dans le sang, on parle alors de cellules souches périphériques. Ces cellules portent une molécule que l’on peut reconnaître qui s’appelle CD34, on parle donc de cellules CD34+. Les chimiothérapies et les facteurs de croissance (filgrastim, lenograstim) favorisent la circulation de ces cellules souches.

Une intensification thérapeutique avec autogreffe de cellules souches se déroule habituellement de la manière suivante :

Prélèvement de cellules souches

Le patient, volontiers au décours d’une chimiothérapie, reçoit des injections de facteur de croissance qui permettent une bonne circulation des cellules souches. Le nombre de cellules souches circulantes dans le sang, CD34+, est surveillé lorsque le nombre des globules blancs s’élève. Lorsque le nombre de cellules souches circulantes est satisfaisant, le prélèvement est fait grâce à un appareil qui sélectionne dans le sang la part contenant les cellules souches. Cette cytaphérèse dure environ 3 heures, elle nécessite de poser une aiguille au niveau d’une veine pour prélever le sang et une autre pour réinjecter la part qui n’est pas prélevée. Entre une et trois cytaphérèses sont habituellement suffisantes pour permettre le prélèvement nécessaire à la pratique d’une intensification thérapeutique.

Rarement, les cellules souches ne circulent pas suffisamment pour permettre un prélèvement satisfaisant. On est alors amené à effectuer directement un prélèvement des cellules souches au niveau de la moelle osseuse. Ce prélèvement nécessite une anesthésie générale et les cellules souches sont prélevées par ponctions au niveau de l’os du bassin.

Congélation des cellules souches

Le prélèvement est ensuite congelé après avoir subi des tests. Les cellules congelées peuvent être conservées pendant plusieurs années.

Intensification thérapeutique

C’est le but du traitement, les fortes doses délivrées lors de cette phase permettent de vaincre la résistance des cellules malades. Cette intensification dure 6 à 7 jours et consiste :

  • soit en une chimiothérapie à très fortes doses, généralement le protocole BEAM (pour BCNU, etoposide, aracytine et melphalan)
  • soit en l’association d’une irradiation de l’ensemble du corps (irradiation corporelle totale ou ICT, en anglais Total Body Irradiation ou TBI) et d’une chimiothérapie à très fortes doses.
  • soit, plus récemment, l’association du BEAM et du Zevalin (administré une semaine avant) : Z-BEAM

Autogreffe de cellules souches

Un à trois jours après la fin de l’intensification thérapeutique, les cellules souches sont décongelées puis transfusées au patient. Ces cellules vont alors se loger dans la moelle osseuse et produire au bout de 10 à 20 jours les cellules du sang. Pendant cette période “d’aplasie”, période pendant laquelle les cellules du sang sont très basses en raison de la chimiothérapie à fortes doses, elles ne sont pas encore remontées grâce aux cellules souches injectées, le patient est habituellement placé dans un environnement cherchant à le protéger des infections. L’ensemble de ce traitement nécessite une hospitalisation de 3 à 4 semaines dans un service hautement spécialisé.

 

L’ALLOGREFFE

L’allogreffe, greffe de cellules souches provenant d’un donneur apparenté (frère ou sour) ou non apparenté (donneur volontaire du fichier des donneurs), est bien plus rarement utilisée dans les lymphomes. Ses indications ne sont pas codifiées. Ici, les cellules provenant d’un individu différent sont capables de créer une réaction immunologique appelée réaction du greffon contre l’hôte ou GVHD (graft versus host disease).

En savoir plus sur l’allogreffe
http://liguecancer-internet.customers2.les-argonautes.net/article/7494_les-therapies-cellulaires-greffes-#.UgJzfKy2-Xc
http://www.leucemie-espoir.org/traitements/allogreffe_moelle.php

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