Un groupe coopérateur engagé dans la recherche sur le lymphome

Publication « Fatigue in Lymphoma Survivors »

Publication “Fatigue in Lymphoma Survivors” dans le journal Health and Quality of Life Outcomes

Synthèse par le Dr Michel Henry-Amar

 

La mise à disposition il y a vingt ans des anticorps monoclonaux dans l’arsenal thérapeutique a révolutionné la prise en charge des lymphomes non-hodgkiniens (LNH). Cette révolution s’est traduite par une amélioration spectaculaire des taux de survie. Mais qu’en est-il de la qualité de cette survie ? Parmi les informations recueillies auprès des personnes ayant au minimum cinq années de rémission complète (projet SIMONAL, enquête transversale conduite en 2015*), la fatigue persistante a fait l’objet d’une analyse particulière, tant en ce qui concerne sa prévalence que son intensité.

Utilisant comme support d’enquête le questionnaire MFI (Multidimensional Fatigue Inventory), nous avons estimé parmi les 1619 participants (recul médian, 11 ans) la prévalence d’un niveau modéré de fatigue à 27% et celle d’une fatigue sévère à 37%**. Significativement plus important que dans la population générale (après ajustement sur l’âge et le sexe), le niveau de fatigue était indépendant du traitement administré initialement ou lors d’une rechute, indépendant de la prescription de rituximab, mais principalement dépendant du niveau de fatigue post thérapeutique, de l’âge ( 70 ans) au moment de l’enquête, de l’obésité, et de la présence de comorbidités.

Le protocole d’enquête du projet SIMONAL a répété celui d’une enquête conjointe EORTC-LYSA conduite en 2009-2010 auprès des personnes guéries d’un lymphome de Hodgkin (LH) (N=2023). Les conditions étaient réunies pour étudier sans les comparer (du fait des différences de prise en charge et de l’âge moyen au diagnostic) les deux populations sur l’évolution du niveau moyen de fatigue à distance du traitement initial. Alors que les personnes guéries d’un LH voient leur niveau de fatigue (ajusté sur l’âge, le sexe, le niveau d’éducation, le statut matrimonial, l’obésité, la présence de comorbidités) augmenter progressivement et de façon constante dès la fin du traitement, celles guéries d’un LNH ont un niveau de fatigue qui reste inchangé jusqu’à l’âge de 70 ans mais qui augmente ensuite parallèlement à ce qui est observé après un LH***.

La persistance d’un niveau anormalement élevé de fatigue chez les survivants d’un lymphome ne dépend pas de l’intensité des traitements administrés ce qui confirme les résultats d’études précédentes sur le LH ; cette information n’était pas disponible pour les LNH. Compte tenu des paramètres d’ajustement introduits dans l’analyse, il est vraisemblable que d’autres facteurs soient en partie responsables de l’augmentation du niveau de fatigue observé parmi les personnes guéries d’un LH. Son origine biologique est ainsi mise en question.

 

Références :

*Anthony S, Hebel P, Garrel A, et col. Conduire des études épidémiologiques après cancer en France: modalités, difficultés et propositions des solutions. Les enseignements de l’étude SIMONAL sur les toxicités tardives des traitements du lymphome non Hodgkinien. Bull Cancer 2017, 104(3):221-231.
**Mounier N, Anthony S, Busson R, et al. Long-term fatigue in survivors of non-Hodgkin lymphoma: the Lymphoma Study Association SIMONAL cross-sectional study. Cancer 2019;125(13):2291-2299.
***Busson R, van der Kaaij M, Mounier N, et al. Fatigue level changes with time in long-term Hodgkin and non-Hodgkin lymphoma survivors: a joint EORTC-LYSA cross-sectional study. Health Qual Life Outcomes 2019;17:115 (https://rdcu.be/bIqq3)

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