Un groupe coopérateur engagé dans la recherche sur le lymphome

Plus de 10 ans après leur traitement contre le lymphome, deux tiers des patients ressentent une fatigue excessive

C’est ce que révèle le suivi à long-terme de plus de 1600 patients atteints de lymphomes non-hodgkiniens dans l’étude SIMONAL menée par le LYSA (The Lymphoma Study Association).

L’étude SIMONAL, financée par l’ANSM, a été conduite sur l’année 2015 par le LYSA, auprès de patients ayant fait l’objet d’un traitement pour un lymphome diffus à grandes cellules ou de lymphomes folliculaires.

8113 patients ont été inclus dans les essais cliniques du LYSA entre 1993 et 2007. Il s’agissait de traitements aussi variés que des chimiothérapies standards, des chimiothérapies intensives avec greffe de moelle et des chimiothérapies associant des anticorps monoclonaux comme le Rituximab.

5247 personnes étaient toujours en vie aux dernières nouvelles. Leurs adresses ont été obtenues pour 3317 d’entre eux et 50% soit 1671, ont répondu au questionnaire de santé qui leur avait été envoyé : 906 hommes et 765 femmes. Le recul médian est de 11 ans avec un maximum à 23 ans. L’âge médian est de 64 ans avec un maximum à 95 ans.

La majorité des patients a reçu une chimiothérapie de type CHOP (cyclophosphamide, doxorubicine, vincristine et prednisone), les autres ayant reçu, soit du CHOP à fortes doses, soit une autogreffe d’emblée pour 342 patients. Les chimiothérapies étaient combinées avec du Rituximab dans la moitié des cas.

Globalement la population est âgée : 63% des gens ont plus de 60 ans et 19% ont plus de 75 ans. 54% sont tabagiques, 16% sont des consommateurs d’alcool réguliers, 17% sont obèses avec un BMI à plus de 30. Depuis la fin de traitement, la prise de poids médiane est de 4 kg.

Seulement un tiers des personnes ne rapporte aucun problème de santé durant cette période de surveillance au long terme. En moyenne les personnes restantes rapportent au moins un problème de santé (jusqu’à un maximum de 7). On retrouve principalement des problèmes cardiaques dans 20% des cas, des problèmes d’infections dans 12% des cas, des problèmes de douleurs musculo-squelettiques dans 12% des cas, des problèmes neuro-psychiques dans 17% des cas et des seconds cancers dans 8% des cas. L’utilisation du Rituximab ne semble pas avoir augmenté ces risques de pathologies au long terme. Par contre, l’utilisation d’une autogreffe en première ligne est associée à un peu plus d’infections, notamment pulmonaires.

Deux tiers des patients rapportent une fatigue excessive. Là encore, il n’y a pas d’effet particulier des traitements du lymphome, cette fatigue est majorée par l’âge, l’obésité et bien sûr la présence de pathologies associées. Un point intéressant concerne aussi les troubles de concentration et de mémoire qui surviennent chez près de 50% des patients avec des intensités très variables. Des troubles sexuels sont rapportés chez un tiers des patients également.

Au total, ces résultats préliminaires montrent un retentissement au long terme chez les personnes à plus de 10 ans au traitement d’un lymphome. Il ne semble pas y avoir d’effets délétères de l’utilisation du Rituximab.

D’autres données vont être encore analysées afin de faire le point sur la consommation de médicaments et sur les effets d’un éventuel traitement de la rechute.

L’étude SIMONAL a été présentée en juin 2016 au plus grand congrès international de cancérologie, l’ASCO (American Society of Clinical Oncology) à Chicago. Les résultats ont été publiés le 22 mars 2019 dans la revue Cancer.

Téléchargez le Communiqué de presse du LYSA du 03 avril 2019 (.pdf)

 

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